Le débat a cours actuellement autour de la formation des enseignants du primaire et du secondaire, de leur performance en français et de manière plus générale de leurs connaissances générales et spécialisées. On remet en cause la qualité de leurs acquis antérieurs; on questionne la maîtrise de différents champs disciplinaires. Antoine Robitaille, éditorialiste au Devoir, y va du commentaire suivant : «Connaître à fond sa matière, en être passionné parce qu’on possède un diplôme dans celle-ci, confère souvent bien plus d’autorité stimulante que des trucs de gestion de classe.»

Pourquoi banaliser la question pédagogique en la mettant en perspective avec la maîtrise du contenu enseigné et les connaissances des enseignants? Ce débat n’est-il pas vain? Nous reconnaissons que notre société a besoin d’excellents pédagogues, maîtres de leurs contenus et passionnés non seulement par leur matière, mais aussi par leurs interventions éducatives et la manière de les améliorer de façon continue.

Nous voulons tous les meilleurs enseignants qui soient, pour former les enfants et les jeunes. Pour cela, des pistes d’amélioration émergent : sélection à l’université sur la base d’une cote R plus élevée dans les programmes des maîtres, nouveau test d’entrée en français à l’université (rappelons que les étudiants au collégial doivent déjà avoir réussi l’épreuve uniforme de français pour obtenir leur DEC…), nouveaux cours de formation générale obligatoires au cégep (tel un cours d’histoire), valorisation de la profession enseignante... Que vaut chacune de ces propositions?

On ne peut les juger une à une, mais bien en les mettant en perspective les unes avec les autres et en regardant le contexte plus global de la formation. En ce sens, une autre hypothèse me vient en tête. Plusieurs programmes universitaires sélectionnent non seulement en fonction de la force générale des étudiants (en tenant compte de leurs résultats au niveau collégial traduits par la cote R), mais aussi en exigeant une base de connaissances spécialisées. Il ne viendrait à l’idée de personne de remettre en cause le DEC en sciences de la nature pour accéder à un programme d’une faculté des sciences et du génie ou d’une faculté des sciences de la santé. Or, aucun préalable spécifique n’est requis pour les étudiants qui envisagent une inscription à la formation des maîtres. Pourtant, le programme de sciences humaines, avec les cours obligatoires de psychologie, d’histoire et d’économique, de même que les cours de spécialisation, fournit une base solide aux étudiants qui leur serait particulièrement utile, voire indispensable, s’il envisage un tel cheminement à l’université. Au Cégep de Sainte-Foy, le programme de sciences humaines permet d’explorer, d’approfondir et d’intégrer des connaissances du niveau de l’enseignement supérieur dans dix disciplines : psychologie, histoire, économique, géographie, sociologie, sciences politiques, anthropologie, sciences de la religion, administration et civilisations anciennes. Ne s’agirait-il pas là d’un pas dans la bonne direction, pour un rehaussement des acquis de niveau collégial pour la formation universitaire des futurs enseignants?

Je crois que oui!

Carole